Ömer Yağlıdere

 

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 Ömer Yağlıdere

Amour et paix

Les derviches tourneurs

Kocerler

 

Les derviches tourneurs

Né en 1207 Djalāl ad-Dīn Muḥammad Rūmī, sera très rapidement surnommé Mevlana*, il est le fondateur de l’un des courants soufistes les plus importants de l’Islam. C’est en Turquie que ce mouvement mystique est le plus implanté.

Mevlana, prônait un enseignement orienté vers la paix et la tolérance, il appréciait d’ailleurs les rencontres avec les juifs et les chrétiens, aussi bien qu’avec les autres musulmans.

La poésie, la musique et la danse, la Semâ, font partie intégrante de sa pensée phylosophique. Il crée la Semâ, une cérémonie, au cours de laquelle les Mevlevis, mieux connus sous le nom de « derviches tourneurs », exécutent une danse tournoyante jusqu’à atteindre une forme de transe. Le mouvement est progressif, lent au départ, bras le long du corps, il s’accélère ensuite de plus en plus rapidement, une fois la transe atteinte, le danseur déploie les bras présentant la paume de la main droite dirigée vers le ciel, pour recevoir la grâce d’Allah et la paume de la main gauche vers la terre, pour la transmettre.

L’Islam traditionnel n’apprécie pas vraiment cette manière de pratiquer la religion du prophète.

Le tombeau de Mevlana se trouve à Konya, ville qui de ce fait, est considérée comme la plus importante de ce mouvement.

Après le décès de son père, Sultan Veled, son fils, instaurera l’ordre des Mevlevis, dans le but de perpétuer l’enseignement du Maître.

Interdit par Atatürk, l’ordre pourra à nouveau reparaître au grand jour en 1950.

Les photos ont été prises à Konya et à Bursa, la première capitale de l’Empire ottoman.

* Le Maître.

Kocerler

“Kocer” est le mot turc pour désigner des nomades. Les Kocers, que l’on trouve surtout dans l’Anatolie de l’est et du sud-est, comptent plusieurs centaines de milliers de personnes qui vivent principalement de l’élevage. Les photos ont été prises par Ömer Yaglidere pendant un an, après une première rencontre et une préparation de six mois.

À l’image des rudes paysages de l’Anatolie de l’est et du sud-est, la vie de ses habitants est dure. La terre, la vie sociale et l’économie de la région expliquent leurs visages burinés. Mais on ignore généralement que la véritable cause de ces rides est en fait le caractère féodal de leur société. Les politiciens ont préféré récolter les votes en serrant les mains des propriétaires terriens et des autorités locales, au lieu de se concentrer sur des besoins fondamentaux comme l’instruction et l’emploi.

Ömer a travaillé en tant que médecin à Tatvan, il y a bien longtemps. Récemment,  il a de nouveau exercé pendant un an et demi à Siirt*. Cinq années représentent une période importante dans sa vie, une période qui lui a permis d’y conserver des amis après son départ. Il n’était pas photographe quand il vivait à Tatvan, mais il a passé beaucoup de temps à photographier quand il est revenu.

Quand il a vu les tribus Kocer vivant toujours sous la tente en pleine nature et assurant leur subsistance avec leurs petits élevages, il n’a eu qu’une idée : témoigner de leur vie. Grâce à un chef de tribu et à son neveu, il a pu approcher des familles appartenant au clan Soran et vivant près de la rivière Botan.

Lors de ses premières rencontres, il fut surpris qu’à la question qu’il posa à ses interlocuteurs : « que puis-je vous apporter », ils aient répondu : « des livres ». Ces personnes lui ont déclaré : « nous nous épuisons ici à vivre dans nos montagnes, et je crains parfois que mes enfants connaissent le même sort. »

Ces familles, qui vivaient autrefois sur le plateau Çırav en hiver et dans les montagnes Herekol en été, ont dû migrer à cause du terrorisme qui s’est développé dans ces régions depuis trente ans. Ils gagnent leur vie grâce à la fabrication de fromages et à l’élevage. Les enfants en âge d’école sont envoyés dans la famille à Eruh (Siirt) en hiver.

La vie de ces gens est rendue difficile par une société féodale, les problèmes économiques et par le terrorisme, mais paradoxalement, ils paraissent heureux. Ömer les a comparé aux produits bio, très à la mode. Souvent, l’on voit des amis proches se comporter de manière déloyale, les Kocers se révèlent de véritables amis, aux émotions « sans hormones, ni additifs » à l’image de leur vie. Ils lui ont permis de vivre une des meilleures expériences de sa vie. Ils expriment leurs sentiments sans réserve, ni hésitation. Les enfants qui s’enfuyaient quand j’ai commencé à les photographier, ou les jeunes filles et les femmes qui, confuses, cachaient leur visage, les pères de famille qui se demandaient ce que j’allais bien pouvoir faire de toutes ces photographies, ont fini par apprécier sa présence et se demandait pourquoi, il n’était pas venu un jour ou l’autre.

Les enfants ont partagé avec lui leurs jeux, les femmes leurs chants, les hommes leur amitié.

Les photos sont le fruit de cette complicité et d’une entière collaboration, elles offrent un langage visuel commun permettant de franchir l’obstacle de la langue**. Vous permettre de découvrir ces photographies est une manière pour l’auteur d’exprimer sa gratitude aux Kocers.

Assurer l’instruction, l’emploi et la paix à ces gens est selon Ömer un devoir qui devrait être une priorité pour les autorités turques.

* A une centaine de kilomètres de la frontière irakienne.

** Qu’Ömer ne pratique pas.

Ömer Yağlıdere

Est né en 1961 à Giresun. Il est diplômé de la Faculté de médecine en 1984 et en qualité de spécialiste ORL en 1991.

Membre de plusieurs groupes de photographes, dont l’Association photograpique Brussels Miroir, il a obtenu de nombreuses distinctions dans un grand nombre de concours, a exposé en divers lieux en Turquie, mais aussi dans d’autres pays (dont la Belgique). Sollicité à de multiples reprises en qualité de jury de divers concours, il a réalisé plusieurs reportages sur des sujets variés, mais toujours en rapport avec l’approche humaine : « le ver à soie,  les derviches tourneurs, les combats de chameaux, la lutte, la plongée pour handicapés physiques et mentaux, une tribu semi-nomade d’Anatolie et les carnavals de gille en Belgique. Ces divers reportages ont donné lieux à l’édition de livre photographique richement illustré.

Ömer et les carnavals  de gilles

Depuis 2007, chaque année (à l’exception de 2015), Ömer est présent dans la région du Centre pendant la période proche du Mardi-Gras, il a, en ces diverses occasions découvert ce folklore régional dont Binche est le porte-étendard, mais il a aussi approché les carnavals de gille des autres communes de la région et cela pas uniquement au moment des cortèges, mais à l’occasion des diverses phases préparatoires aux sorties des gilles.

Aujourd’hui Ömer est sans doute un meilleur connaisseur de ce folklore que beaucoup de Belges.

Bibliographie

Viens (Derviches tourneurs)* (Turc-Français-Anglais)

Koçerler* (Turc-Français-Anglais)

Gilles* (Turc-Français-Anglais)

L’histoire du ver à soie (Turc-Anglais)

Diving is Freedom  (Turc-Anglais)

Camel Wrestling (Turc-Anglais)

Handicraft Eye-Starining Work (Turc-Anglais)

* Ces livres seront disponibles lors de l’exposition à la Galerie Verhaeren.

 

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